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#1
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| Le plus court chemin d'un point à un autre, la géodésique comme on dit, est la ligne brisée. Pour aller de A à B, il vous faut saluer C, prendre des nouvelles de D, s'enquérir des projets de E, s'arrêter au stand de F, qui vous présente X, Y et Z. La dimension fractale est égale à l'épaisseur de votre carnet d'adresses. Pour le mien, qui est mince, ça peut prendre 1/4 d'heure. Si vous avez la malchance d'accompagner quelqu'un de connu, ça peut durer un temps illimité, voire infini. Vous n'arriverez jamais en B. Impossible donc de suivre un programme. Chaque minute est une improvisation. Tout le monde est là : institutions, associations, voyagistes, éditeurs, vendeurs de colifichets, et quelques trop rares constructeurs. La présence scientifique est importante, c'est bon signe. Nardo, Anne, Jean-Michel, Laurence, toute la bande du Centre Océanologique, GIS Posidonie, Groupe d'Études du mérou (GEMGISCOM, c'est plus court) est là. Patrick Lelong anime le stand de l'Institut Paul Ricard. Jo Harmelin quitte son laboratoire pour les feux de la rampe où il aura la délicate mission de présider le jury diapo, où siège aussi Fred Di Meglio (Commission Audio-Visuelle Nationale de la Fédé). La préoccupation environnementale est de tous les instants. Dans les productions, où je découvre avec dégoût le "shark finning" (capturer les requins, couper leurs ailerons pour la soupe et les remettre à la mer). Plus sauvage, on peut pas. François Sarano (Longitude 181, Charte du Plongeur) poursuit inlassablement sa croisade avec un charisme remarquable. Des pétitions circulent. Des rappels sont faits à chaque séance. Les jurés sanctionnent les manipulations. Les projections sont un parcours du combattant qui mettent les nerfs à rude épreuve. 200 productions réparties en 30 séances de 2 à 3 heures, dans deux salles surchauffées. Mais ce n'est pas le plus éprouvant. Je ne suis pas le seul à m'étonner de voir des productions qu'on n'oserait pas présenter. La catégorie "J'ai eu une DVcam pour Noël et je me la pète cinéaste" côtoie celle "Viendez plonger à Coral Reef" formatée taxi-vidéo avec la vue du club, l'ouverture du robinet, le gros plan sur le mano, la plongée avec le poisson clown, la murène et le napoléon, accompagné de la musique tonique dont on espère qu'elle relèvera la sauce, mais qui donne la nausée. De belles productions visuelles trop souvent ruinées par un commentaire monocorde ou annoné, des défauts techniques grossiers, du rock survolté ou de la chanson qui entre en conflit avec l'image et détruit le tout. Enfin, l'influence néfaste de la télévision. Des choses qui pourraient être dites avec intensité en 20' sont délayées pour atteindre le critère des 52'. On ne reçoit pas un film en salle comme devant sa télé, entre un grignotage, la vaisselle et les couches de bébé. On s'emmerde, on s'indispose des redites et des longueurs. Surtout quand on a 100 programmes à visionner et qu'on attend désespérément la perle. Le parcours est parsemé de déceptions, de lassitude. Le désespoir guette en fin de soirée. Je ne suis pas le seul à avoir eu envie d'appuyer d'un doigt rageur sur le bouton STOP lorsqu'un navet trop long venait ruiner une séance. Le festivalier endurant est récompensé par quelques moments d'émerveillement. L'émotion, la vraie, celle qui vous prend aux tripes, ne m'a touché qu'une fois. A la fin de "Requins en Péril" (jean-Michel Cousteau), lorsque le stress du cameraman traverse l'écran et qu'il devine la manoeuvre d'André Hartman : lui offrir l'image qui suit, qui devient alors sublime. Malgré la rudesse de ce parcours de 5 jours, le public est poli. Il applaudit à tout, marquant tout juste sa désapprobation par des applaudissements moins nourris. Rarement, mais quelquefois heureusement, il laisse exploser sa jubilation en cours de projection, comme dans Circo (diaporama) où il applaudit la rascasse funambule. Il lui arrive de manifester silencieusement, comme en quittant massivement l'auditorium en cours de séance avant Ushuaïa. Hulot n'a pas capté le milieu marseillais de la plongée. C'est un milieu fortement connexe (tout le monde connait tout le monde) redoutablement solidaire, à défaut d'être uni, où le réseau des amitiés joue un rôle incontournable. Il commet l'impair de solliciter Henri Cosquer, qui le traite comme il se doit. L'entourage, qui n'en a rien raté, se marre. Ici, aux discours grandiloquents, on préfère le courage des hommes simples et l'authenticité de leur passion. Dans le registre authentique, je ne voulais rater pour rien au monde "La Jeune Fille et la Mer" dont le tournage, à Callelongue, avait été entouré d'un grand secret. René Heuzé n'avait pas vendu la mèche, malgrè mes questions insidieuses. Dans ce monstre de chiffons qui, en d'autres circonstances prêterait à sourire, c'est toute la fraîcheur d'âme d'un vieil homme qui nous raconte encore des contes de fées. André Laban est le seul que j'aie remercié. Son bonheur fait plaisir à voir. Il serait faux de retenir que je n'ai aimé que deux films. Une fois évacués les sempiternels taxi-video sur coral reef, on se régale avec des thèmes plus substantiels comme le mimétisme (I Camaleoni del Mare, Les Plus Beaux Camouflages Sous-Marins), l'adaptation des formes et des stratégies de chasse au milieu, les relations inter-spécifiques comme la chasse conjointe de la murène et du mérou de Nassau (the Perfect Reef), les dauphins derviches (Spinner Dolphins, hélas délayé à 50' pour la télé), et bien d'autres. Il est malséant de dire du mal des lauréats, je ne dirai rien sur ce cow-boy qui parque les thons dans des enclos pour faire la fortune d'un milliardaire qui supervise le travail en avion. J'attendais beaucoup des diaporamas. La moisson fut pauvre. Une série de diaporama numériques nous fut infligée en début de séance. J'ai du m'accrocher à mon siège pour attendre la suite. Chanabou est parti, écoeuré. Ça a relancé de plus belle le débat sur le numérique. Nous tombons d'accord sur le fait que le numérique est inéluctable mais pas encore adapté, que la technique de prise de vues doit être ré-apprise, la température de couleur des flashes modifiée, et que les vidéo-projecteurs se classent en deux catégories : les inutilisables et les inabordables. J'avance qu'une projection comparative est indispen- -sable. Nicolas programme pour Mars un test sur un modèle de la classe inabordable. Bernard, notre maître ès-SIMDA, prépare un workshop. Y en a marre de laisser dormir les photos dans les casiers. Ça va chauffer! J'ai une autre mission, et je m'en acquite. Navré de l'absence de Sea & Sea et de Light & Motion au rayon des caissonniers, je rencontre tout de même Subspace, Extreme Vision et Controlnet. Je découvre des techniciens hors-pair, maîtrisant à la fois le calcul des optiques, le bus LANC et la calibration des CCD. La question "que faut-il pour ne pas être jaloux d'une Betacam" commence à trouver réponse. Il me manque juste une preuve. Un film, un seul, celui de Bruno Vittorio, me fait sursauter dans mon fauteuil. Voila le blanc que je veux, très exactement. Dans "festival", il y a fête. Cette année, elle a sa place sous un chapiteau séparé où les gros sponsors donnent soirées et coquetèles. Le festivalier boit beaucoup. Ceux qui boivent le plus sont ceux qui voient le moins de films. J'ai fait le choix des films, et je suis resté sobre. Mais quand Rémy, en deuil d'H2O, débouche une bouteille de mirabelle qui embaume jusqu'à mes narines, je craque. L'ambiance est bon enfant. L'orchestre résolument Rolling Stones. Mais ne vous y méprenez pas. Pendant la détente, les affaires continuent. Autour des tables se nouent des amitiés et naissent les projets de demain. On sous-estime beaucoup l'importance de la buvette. -- Jean-Yves Bernier http://www.pescadoo.net/ |
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#2
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| Bonjour, Jean-Yves Bernier a *crit : > Le plus court chemin d'un point à un autre, la géodésique comme on dit, > est la ligne brisée. Désolé de quoter aussi sauvagement, mais c'est, et de loin, le meilleur compte-rendu que j'ai lu sur la magie du Festival d'Antibes. Rien à rajouter quand tout est dit, et bien dit... > Dans "festival", il y a fête. Cette année, elle a sa place sous un > chapiteau séparé où les gros sponsors donnent soirées et coquetèles. > Le festivalier boit beaucoup. Ceux qui boivent le plus sont ceux qui > voient le moins de films. J'ai fait le choix des films, et je suis resté > sobre. Mais quand Rémy, en deuil d'H2O, débouche une bouteille de > mirabelle qui embaume jusqu'à mes narines, je craque. L'ambiance est bon > enfant. L'orchestre résolument Rolling Stones. Mais ne vous y méprenez > pas. Pendant la détente, les affaires continuent. Autour des tables se > nouent des amitiés et naissent les projets de demain. On sous-estime > beaucoup l'importance de la buvette. Personnellement, je n'ai pas vu un film cette année. N'allez toutefois pas en déduire que j'aurai fâché tous les éthylotests de rencontre... Mais je confirme les propos de JYves, c'est à la buvette, le soir, qu'on vit les meilleurs moments du festival. Alors que dans la salle obscure, on n'est jamais sûr à l'avance de la qualité de ce qu'on va voir, la buvette vespérale ne déçoit jamais : on y trouve tout ce qu'on y apporte, les rencontres, l'amitié, et la bonne humeur en prime... Didier, qui a déjà programmé Antibes 2004 dans son agenda... |
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#3
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| Jeudi matin, je suis resté environ 1h30 à attendre que la personne occupant le stand SSi se présente. Je n'ai vu personne....dommage! Sinon, j'ai trouvé le festival un peu mercantile. -- Brieuc "Didier" <didier-grand@wanadoo.fr> a écrit dans le message de news:3FAA0321.2D805914@wanadoo.fr... > Bonjour, > > Jean-Yves Bernier a *crit : > > > Le plus court chemin d'un point à un autre, la géodésique comme on dit, > > est la ligne brisée. > > Désolé de quoter aussi sauvagement, mais c'est, et de loin, le meilleur > compte-rendu que j'ai lu sur la magie du Festival d'Antibes. Rien à > rajouter quand tout est dit, et bien dit... > > > > Dans "festival", il y a fête. Cette année, elle a sa place sous un > > chapiteau séparé où les gros sponsors donnent soirées et coquetèles. > > Le festivalier boit beaucoup. Ceux qui boivent le plus sont ceux qui > > voient le moins de films. J'ai fait le choix des films, et je suis resté > > sobre. Mais quand Rémy, en deuil d'H2O, débouche une bouteille de > > mirabelle qui embaume jusqu'à mes narines, je craque. L'ambiance est bon > > enfant. L'orchestre résolument Rolling Stones. Mais ne vous y méprenez > > pas. Pendant la détente, les affaires continuent. Autour des tables se > > nouent des amitiés et naissent les projets de demain. On sous-estime > > beaucoup l'importance de la buvette. > > Personnellement, je n'ai pas vu un film cette année. N'allez toutefois pas > en déduire que j'aurai fâché tous les éthylotests de rencontre... > Mais je confirme les propos de JYves, c'est à la buvette, le soir, qu'on > vit les meilleurs moments du festival. Alors que dans la salle obscure, on > n'est jamais sûr à l'avance de la qualité de ce qu'on va voir, la buvette > vespérale ne déçoit jamais : on y trouve tout ce qu'on y apporte, les > rencontres, l'amitié, et la bonne humeur en prime... > > Didier, > qui a déjà programmé Antibes 2004 dans son agenda... > > |
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#4
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| Bonsoir, Brieuc Treguier a *crit : > Jeudi matin, je suis resté environ 1h30 à attendre que la personne occupant > le stand SSi se présente. > Je n'ai vu personne....dommage! Tu as laissé un mot, ou tu es repassé plus tard ? Stéphane ne devait pas être bien loin... > Sinon, j'ai trouvé le festival un peu mercantile. Qu'est-ce qu'il te faut ?! A Antibes, pas de braderie de matériel, pas de fouillis si sympathique mais qui du coup transforme n'importe quel palais en criée poissonnière... Non, qlq exposants vendent, comme la librairie Magellan ou le Dive Wear de Kanumera, mais moi je trouve que ça reste plutôt discret, et toujours bien dans l'esprit... En tout cas, rien de comparable à ce qu'on pouvait trouver au Salon Nautique du temps ou la plongée se mélangeait encore début décembre à la Porte de Versailles... Mais ça n'est que mon avis, .... et je le partage [;]>> Didier |
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#5
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| Didier <didier-grand@wanadoo.fr> wrote in message news:<3FAA9C96.A7622A0F@wanadoo.fr>... > Bonsoir, > > Brieuc Treguier a *crit : > > > Jeudi matin, je suis resté environ 1h30 à attendre que la personne occupant > > le stand SSi se présente. > > Je n'ai vu personne....dommage! > > Tu as laissé un mot, ou tu es repassé plus tard ? Stéphane ne devait pas être > bien loin... > > > > Sinon, j'ai trouvé le festival un peu mercantile. > > Qu'est-ce qu'il te faut ?! A Antibes, pas de braderie de matériel, pas de > fouillis si sympathique mais qui du coup transforme n'importe quel palais en > criée poissonnière... Non, qlq exposants vendent, comme la librairie Magellan > ou le Dive Wear de Kanumera, mais moi je trouve que ça reste plutôt discret, et > toujours bien dans l'esprit... > > En tout cas, rien de comparable à ce qu'on pouvait trouver au Salon Nautique du > temps ou la plongée se mélangeait encore début décembre à la Porte de > Versailles... > > Mais ça n'est que mon avis, > ... et je le partage [;]>> > > Didier Stéphane n'était pas forcément là, mais il y avait qqu'un au stand pour l'acceuil. Bon, faut dire que le jeudi matin, c'est pas forcément le meilleur moment pour trouver de la présence (et vu l'emploi du temps de Stéphane...) Pour le petit côté "braderie", y'avais un coin (un peu trop) discret au second étage, au dessus de la buvette. A chacun de trouver son bonheur et de négocier, parfois aprement, les objets convoités... Moi, j'aime bien le petit côté braderie qui va avec les salons. Mais c'est vrai qu'un coin dédié est du meilleur effet. |
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#6
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| Bonsoir, Xabi a *crit : > [...] > Pour le petit côté "braderie", y'avais un coin (un peu trop) discret > au second étage, au dessus de la buvette. A chacun de trouver son > bonheur et de négocier, parfois aprement, les objets convoités... > Moi, j'aime bien le petit côté braderie qui va avec les salons. Mais > c'est vrai qu'un coin dédié est du meilleur effet. Faut pas tout confondre ! Le petit coin en question est dédié au matériel d'occasion, essentiellement photo ou vidéo, même si on peut y trouver un Mistral en état de marche, une authentique Fenzy et qlq combis ou stabs... mais c'est plus le Rv de passionnés à la recherche de tel flash disparu du commerce, ou de tel caisson, même fatigué, pour en récupérer qlq pièces... Pour moi, on n'y parle pas de commerce, mais de passion au service de passionnés, car c'est en fait un dépôt-vente... @ + Didier |
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#7
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| Didier <didier-grand@wanadoo.fr> wrote: > on peut y trouver un Mistral en état de marche Il était trop cher. je l'ai laissé... -- Jean-Yves Bernier http://www.pescadoo.net/ |
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#8
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"Jean-Yves Bernier" <grokub@pescadoo.net> a écrit dans le message de news:1g43q8d.1pvcy8uid2b9cN%grokub@pescadoo.net... > Didier <didier-grand@wanadoo.fr> wrote: > > > on peut y trouver un Mistral en état de marche > > Il était trop cher. je l'ai laissé... > > -- > Jean-Yves Bernier > http://www.pescadoo.net/ _______________________________________ Tout à fait : il y avait 2 Mistral dont l'état ne justifiait pas les 150 euros demandés, et une épave de Royal, qu'un doux rêveur avait mis à 450 euros JC (Ruiné...) |
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